<% Function RandomNumber(intHighestNumber) Randomize RandomNumber = Int(Rnd * intHighestNumber) + 1 End Function i = RandomNumber(3) dim tableColor if i = 1 then tableColor = "#F5810E" elseif i = 2 then tableColor = "#F4C203" elseif i = 3 then tableColor = "#D1DC27" end if %> Fondation Libanaise de la Bibliothèque Nationale
L’héritage national


   

Le Vicompte Phillippe de Tarazi
De toutes les grandes institutions culturelles de notre pays, la Bibliothèque Nationale est parmi celles qui ont le plus souffert de la guerre du Liban entre 1975 et 1991. Aujourd’hui, elle n’existe plus que par le résidu de ses collections, immobilisées et mises à l’abri après avoir subi de nombreux traumatismes. La génération née dans les années 1980, aujourd’hui composée de jeunes universitaires, n’en connaît même plus l’existence! “Nous avons donc une Bibliothèque Nationale!”, s’exclame un étudiant avec surprise… Et pourtant, créée en 1921 par un citoyen libanais, le Vicomte Philippe de Tarazi, notre Bibliothèque Nationale est née d’un rêve….

Origine:
Le Vicomte de Tarazi, historien et bibliophile, possédait à l’époque une collection personnelle riche de plus de 20.000 ouvrages, de près de 3.000 manuscrits de grande valeur, et les premiers numéros des périodiques publiés dans la région, documents inestimables pour l’histoire de la presse arabe et du Moyen Orient. Très vite, l’humaniste l’emporte sur le collectionneur. Il se rend à l’évidence: un pays comme le Liban, dépositaire d’une culture vieille de plus de 6.000 ans, ne pouvait rayonner culturellement dans son environnement immédiat, et à plus forte raison au-delà, s’il ne préservait d’abord sa mémoire sans laquelle il n’est pas de civilisation.


1921:
Sa décision est prise: le Vicomte de Tarazi fait don de sa précieuse collection à l’Etat libanais comme noyau de ce qu’il appelle la Grande Bibliothèque de Beyrouth. Nommé conservateur de la nouvelle institution jusqu’en 1940, il multiplie ses voyages pour en développer le fonds.

1924:
La loi sur le dépôt légal selon laquelle tout éditeur doit déposer deux exemplaires des ouvrages édités ou réédités, donne à la Bibliothèque Nationale une source constante d’enrichissement. Grâce au dynamisme de son fondateur, l’institution devient un lieu de référence, un point d’accès à la culture mondiale pour les chercheurs et les amoureux du livre.

   

Al-Barq - Beyrouth. Première année. 1er numéro daté du 1er septembre 1908
 
   

Beyrout. Beyrouth No.1907 (1325 H)

 


1935:
Un décret fait de la Bibliothèque Nationale un service du Ministère de l’Education. Ainsi mise à la disposition de l’univers académique, elle devient une référence, souvent même un recours, pour toutes les bibliothèques universitaires à travers le pays.

1937:
L’institution comportant alors plus de 32.000 documents emménage au centre ville de Beyrouth, dans le local qui restera le sien jusqu’au début de la guerre en 1975.

   

Manuscrits

 
   

Al Bustan - Baabdat. Première année. 1er numéro daté du 23 février 1913
 

1940-1975:
La Bibliothèque Nationale connaît son âge d’or dès 1940. Les intellectuels du pays et de la région ont plaisir à se retrouver dans ce lieu d’ouverture au monde. C’est là que modernisme, nationalisme et progressisme, se confondent et se fécondent au contact d’une collection pluri-culturelle, dont plus de la moitié est constituée d’ouvrages occidentaux. A la veille de la guerre, en 1975, malgré une période d’affaiblissement où elle périclite par manque de bibliothécaires compétents, elle compte plus de 200.000 documents imprimés ou manuscrits. Elle comprend également une importante collection d’archives: des documents administratifs et historiques laissés par les Turcs en 1918 dans le bâtiment de la mairie de Beyrouth, ainsi que des documents et études laissés par la mission Huvelin et constituant les archives des premières années du mandat français.



   

Abou al Riyah wa'l Massamir. Première année.
1er numéro daté du 20 janvier 1927
 
   

Commerce du Levant - Beyrouth. No 1308 en date du 24 septembre 1943



1975-1998:
Dès les premiers mois de la guerre, le bâtiment de la Bibliothèque Nationale s’est trouvé dans la proximité immédiate de ce qui allait devenir pour quinze longues années la ligne de démarcation. Devenue inaccessible pour ses fonctionnaires comme pour ses usagers, la vénérable institution a progressivement cessé de fonctionner. En 1979, elle est déclarée suspendue d’activité. Par mesure de “sécurité”, les Archives Nationales mettent en lieu sûr ce qui reste des manuscrits, documents anciens et portraits d’intellectuels libanais qui ornaient la salle de lecture. Entre 1982 et 1983 la collection moderne est transférée dans un bâtiment du campus de l’Unesco, situé dans le secteur occidental de la ville. Les interventions des membres de l’Association des Bibliothécaires libanais soutenus en 1994 par le rapport d’une mission d’expertise de la Bibliothèque Nationale de France, ne trouvent qu’un faible écho auprès des responsables: cette collection y restera jusqu’en 1997, dans un état d’abandon total, exposée à l’agression de l’humidité, des moisissures et des insectes.

   

Manuscrits
 
   

Manuscrits


Depuis 1999:
Sous l’effet de la pression d’intellectuels libanais, soutenus par les rapports d’une mission financée par l’Union Européenne, la Bibliothèque Nationale est enfin reconnue en 1999 comme un projet culturel national. Ce projet, porté par des libanais amoureux des livres, aboutit, à faire adopter officiellement le principe de la réhabilitation de la Bibliothèque Nationale. Il a aussi donné l’occasion d’élever à l’échelle publique un projet dans lequel l’Etat devrait s’investir tout entier, afin de permettre aux Libanais de vivre avec grâce leur pluriculturalisme. C’est dans cette optique que, pour soutenir le projet, une association privée voit le jour dès 1999: la Fondation Libanaise de la Bibliothèque Nationale, et qu’un site définitif est affecté à l’institution: un beau local d’architecture traditionnelle, dans le quartier des Arts et Métiers situé dans le secteur occidental de la ville de Beyrouth attribué par décret ministériel comme siège permanent pour la future bibliothèque nationale. Le travail de la fondation s’appuie sur l’avant projet que l’architecte Jean Marc Bonfils a produit en liaison avec les missions d’expertise de la bibliothèque nationale de France.

   

Cheikh Abd al Qaader Qabbani (1848 - 1935)